Quand j'étais mariée, je me demandais souvent ce qu'est l'amour? Je ne me sentais pas aimée véritablement et je ne l'étais pas non plus.
Être seule modifie les attentes des expressions de l'amour mais ne les annule pas pour autant. Mes amis, mes enfants et mes "pages du matin" sont mes bouées en cas de besoin intense.
J'ai beaucoup de difficultés à exprimer mes besoins, mon cahier est mon principal interlocuteur.
Aujourd'hui je me suis levée comme tout le monde dans la tempête de neige, une tempête intérieure faisait aussi rage. J'ai écrit et tenté de comprendre la situation. Qu'est-ce qui crée ce vide récurent chez-moi? Comment le remplir? Mes attentes face à la vie, à ma vie, sont-elles trop importantes? Quelles sont-elles en fait?
Est-ce uniquement dans l'action que je me sens bien? Ouais! Mais la madame est fatiguée et elle n'a plus l'énergie de ses 35 ans, je réalise bien que je n'ai pas le choix de vivre un peu au ralenti. Y-a-t-il une solution à ce problème? L'action comble le vide superficiellement, un château de sable sur la plage, toujours emporté par la vague. Ce n'est pas la véritable solution.
Quoi faire pour m'apaiser aujourd'hui? J'ai décidé de d'abord téléphoner à une amie, mon amie, même si nous nous sommes parlé il y a deux jours. Mon avant-midi fut apaisé par ce téléphone prévu à l'heure du dîner. J'ai tenté un timide:" je voulais avoir des nouvelles de ton moral, le mien n'est pas très haut aujourd'hui." Mon message est passé inaperçu et il n'y a pas eu de retour à mes questions. Faut croire que le message n'était pas clair. J'en suis peut-être encore à espérer que l'autre devine mon mal être. Toutes mes paroles retournaient dans son camp. La véritable amitié existe-t-elle? Probablement que oui. Je ne sais pas y prendre ma place. Il m'arrive souvent de me dire que telle ou telle personne ne s'intéresse en aucune façon à moi .
Cercle vicieux dira-t-on. Difficile de demander de l'aide, d'exprimer mon désarroi. Facile d'être à l'écoute de l'autre et de le faire parler. Apprentissage encore malgré les ans qui passent. Je pense que c'est le plus gros nœud de ma vie que de prendre ma place et de considérer mes besoins.
Heureusement qu'il y a l'écriture qui permet et l'analyse et l'expression.
mercredi 5 mars 2008
mercredi 27 février 2008
Neige
Encore de la neige. On ne sait plus où donner de la pelle. Et le ciel qui se dégage et amène le froid. Je suis tannée de l'hiver leitmotiv de cette fin de mois. Aucune originalité, je sais. Le temps qu'il fait est notre principale source de conversation en notre beau pays.
C'est beau la neige. J'aime l'hiver. J'étais contente en novembre que la neige soit au rendez-vous et que ce mois si gris soit plutôt blanc. J'ai adoré les tempêtes de décembre et rigolé de mon état de citadine piétonne. J'ai profité du temps plus doux de janvier et ai été heureuse du peu de grands froids en février. Je chiale malgré tout. C'est juste trop long, c'est tout, pas plus compliqué que ça.
Demain il me faudra encore emmitoufler les jumeaux pour leur permettre de mettre leur nez dehors, et dépenser le trop plein d'énergie qui les fera dormir une petite heure et quart en après-midi. Je prends soin de jumeaux de bientôt 22 mois depuis leur naissance. Je les garde maintenant 2½ jours par semaine 27 heures tout de même, 2 journées de 11 heures. Ils m'épuisent et me ravissent. Ce sont les petits enfants que je n'ai pas, j'en suis complètement gaga. Minou qu'ils m'appellent -Michou transformé-
-Minououououo, dehors, neige. - Ils acceptent de s'habiller de bonne grâce tout de même jusqu'au m.... mitaines qui demeurent malgré 4 longs mois de pratique un élément de bataille pour moi. Eux ont les mains molles, y a rien là, mettez donc des mitaines sur les mains molles d'un bébé tanné. On finit par pouvoir sortir marcher, ils considèrent leur cour comme une prison bien que leur papa leur ait aménagé des sentiers et des aires de jeux. Une promenade sur la rues et les ruelles environnantes peut prendre facilement 35 minutes, 50 quand il fait doux. C'est la beauté de la chose. Ils ont du temps ces petits et me font vivre le mien à un autre rythme.
Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait affirme l'adage. Je me revois jeune mère toujours pressée à pousser dans le dos de mes petits. Et les 2 garçons qui ne voulaient pas s'habiller seuls. Les 2 filles au moins, l'aînée et le bébé, manifestaient un peu plus de bonne volonté. Fiou que ma patience était mise à rude épreuve et que la soupape sautait fréquemment.
La vie est ainsi faite. Aujourd'hui au moins je sais profiter de la merveille de l'enfance.
Saurais-je un jour profiter de l'hiver? C'est la grâce que je me souhaite
C'est beau la neige. J'aime l'hiver. J'étais contente en novembre que la neige soit au rendez-vous et que ce mois si gris soit plutôt blanc. J'ai adoré les tempêtes de décembre et rigolé de mon état de citadine piétonne. J'ai profité du temps plus doux de janvier et ai été heureuse du peu de grands froids en février. Je chiale malgré tout. C'est juste trop long, c'est tout, pas plus compliqué que ça.
Demain il me faudra encore emmitoufler les jumeaux pour leur permettre de mettre leur nez dehors, et dépenser le trop plein d'énergie qui les fera dormir une petite heure et quart en après-midi. Je prends soin de jumeaux de bientôt 22 mois depuis leur naissance. Je les garde maintenant 2½ jours par semaine 27 heures tout de même, 2 journées de 11 heures. Ils m'épuisent et me ravissent. Ce sont les petits enfants que je n'ai pas, j'en suis complètement gaga. Minou qu'ils m'appellent -Michou transformé-
-Minououououo, dehors, neige. - Ils acceptent de s'habiller de bonne grâce tout de même jusqu'au m.... mitaines qui demeurent malgré 4 longs mois de pratique un élément de bataille pour moi. Eux ont les mains molles, y a rien là, mettez donc des mitaines sur les mains molles d'un bébé tanné. On finit par pouvoir sortir marcher, ils considèrent leur cour comme une prison bien que leur papa leur ait aménagé des sentiers et des aires de jeux. Une promenade sur la rues et les ruelles environnantes peut prendre facilement 35 minutes, 50 quand il fait doux. C'est la beauté de la chose. Ils ont du temps ces petits et me font vivre le mien à un autre rythme.
Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait affirme l'adage. Je me revois jeune mère toujours pressée à pousser dans le dos de mes petits. Et les 2 garçons qui ne voulaient pas s'habiller seuls. Les 2 filles au moins, l'aînée et le bébé, manifestaient un peu plus de bonne volonté. Fiou que ma patience était mise à rude épreuve et que la soupape sautait fréquemment.
La vie est ainsi faite. Aujourd'hui au moins je sais profiter de la merveille de l'enfance.
Saurais-je un jour profiter de l'hiver? C'est la grâce que je me souhaite
dimanche 24 février 2008
Février
Dernier dimanche de février.
Enfin!
Ce trop long mois d'hiver d'hiver achève. Je compte le jours, 6 jours et c'est terminé pour cette année 2008. 6 jours et tous les espoirs de mars sont permis. Les rayons du soleil plus chauds que les bises d'ouest. Les journées qui allongent. l'heure qui va changer. L'équinoxe du printemps et même Pâques plus hâtif que jamais.
Pourtant février a été doux et neigeux, je lui en sais gré. Pas moyen tout de même d'aimer ce mois. Celui de toutes mes déprimes, de ma chute aux enfers. Si je suis objective, une journée de soleil comme celle d'aujourd'hui avec un maximum de + 1 degré est fantastique. En profiter, aller dehors me remplir de lumière et rendre grâce pour la beauté du jour. Rendre grâce parce que j'ai vaincu février et que pour une fois il n'a pas eu le dessus sur moi. Rendre grâce pour la guérison.
Enfin!
Ce trop long mois d'hiver d'hiver achève. Je compte le jours, 6 jours et c'est terminé pour cette année 2008. 6 jours et tous les espoirs de mars sont permis. Les rayons du soleil plus chauds que les bises d'ouest. Les journées qui allongent. l'heure qui va changer. L'équinoxe du printemps et même Pâques plus hâtif que jamais.
Pourtant février a été doux et neigeux, je lui en sais gré. Pas moyen tout de même d'aimer ce mois. Celui de toutes mes déprimes, de ma chute aux enfers. Si je suis objective, une journée de soleil comme celle d'aujourd'hui avec un maximum de + 1 degré est fantastique. En profiter, aller dehors me remplir de lumière et rendre grâce pour la beauté du jour. Rendre grâce parce que j'ai vaincu février et que pour une fois il n'a pas eu le dessus sur moi. Rendre grâce pour la guérison.
mercredi 20 février 2008
Je ne devrais pas
Je ne devrais pas faire le tour de tous ces blogs dont je me délecte avant de me décider à revenir sur le mien. Je n'ai rien à dire, rien de spécial en tout cas. Faux, je ne sais comment écrire de façon spéciale ce que j'ai à dire. Voilà une toute autre perspective.
Plonger
Le débat actuel sur le système de santé: gratuit ou pas, universel ou pas, public ou semi-public, me fait réaliser combien Yvon Deschamps avait raison de dire il y bientôt 40 ans "mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade ". Vieillir pour un baby- boomers n'est pas rassurant, malgré tous les reproches que l'on nous fait, inassurables les 60 ans et plus dans un système qui fait appel au privé. Il aurait fallu cotiser dès notre jeune âge. C'est comme pour les REER ou les assurances vie. Un retraité du système public, un chanceux je vous l'accorde, doit, s'il ne veut pas voir augmenter ses primes d'assurances de $3000 par année à 65 ans, s'inscrire au système public d'assurance-médicaments. Lourd pour le public et bien peu de risques encourus pour le privé.
Plus ça change plus c'est pareil. Je ne suis pas si vielle, 60 ans bientôt, et j'ai vécu les débats prônant l'assurance-maladie. J'assiste actuellement aux débats sur les partenariats publics- privés et, au rythme ou vont les choses, avec le pouvoir croissant de la droite, il n'y aura plus d'universalité des assurances d'ici peu.
Plonger
Le débat actuel sur le système de santé: gratuit ou pas, universel ou pas, public ou semi-public, me fait réaliser combien Yvon Deschamps avait raison de dire il y bientôt 40 ans "mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade ". Vieillir pour un baby- boomers n'est pas rassurant, malgré tous les reproches que l'on nous fait, inassurables les 60 ans et plus dans un système qui fait appel au privé. Il aurait fallu cotiser dès notre jeune âge. C'est comme pour les REER ou les assurances vie. Un retraité du système public, un chanceux je vous l'accorde, doit, s'il ne veut pas voir augmenter ses primes d'assurances de $3000 par année à 65 ans, s'inscrire au système public d'assurance-médicaments. Lourd pour le public et bien peu de risques encourus pour le privé.
Plus ça change plus c'est pareil. Je ne suis pas si vielle, 60 ans bientôt, et j'ai vécu les débats prônant l'assurance-maladie. J'assiste actuellement aux débats sur les partenariats publics- privés et, au rythme ou vont les choses, avec le pouvoir croissant de la droite, il n'y aura plus d'universalité des assurances d'ici peu.
Heureusement que le rapport Castongay est reçu froidement. Curieux que le même monsieur C. assure et désassure sa province en deux époques de sa vie.
Fiou! Contente des réactions de Monsieur Couillard! Ben coudonc faut pas trop désespérer et choisir une meilleure utilisation du système et une plus grande performance de ses ressources sommes toutes adéquates.
En attendant mon assurance-santé à moi c'est de bien manger, bouger et utiliser les médecines alternatives en plus d'une visite annuelle chez mon médecin de famille. Le système j'ai rien contre , j'espère seulement ne jamais avoir à me retrouver à l'urgence ou à l'hôpital, ni malade ni vieille quoi!
mercredi 13 février 2008
Quoi faire?
Écrire ou faire de la musique? Faire de la musique ou écrire? Si je ne fais pas de musique je me sentirai un peu coupable parce que ce soir est soir de chorale. Si je n'écris pas je me sentirai un peu coupable car je ne donnerai pas vie à ce blog.
Il me reste 80 minutes. Du temps, pas mal de temps. Écrire n'est pas trop long si je ne tente pas d'être excessivement perfectionniste ou encore la blogueuse la plus originale de l'univers.
Malheureusement je lis beaucoup de blogs à commencer par celui de ma fille: Tous les chemins mènent ailleurs mamathilde.blogspot.com , non ,je ne sais pas encore créer des liens. Je me suis donné une seule règle celle de ne lire que des textes bien écrits. Alors imaginez la pression sur mes petites épaules, je ne voudrais pas avoir à me supprimer moi-même de ma liste, me "flusher" pour manque d'originalité. Y-t-il un certain plaisir à pratiquer cette activité?
En tout cas je n'ai pas encore donné mon adresse à quiconque. Bien trop peur. Me faire d'abord mon idée sur mon moi-même et ensuite peut-être sera-t-il temps de rendre ma démarche publique.
D'un autre côté si j'ai créé ce blog c'est pour cesser d'être ma seule interlocutrice.
Dilemme, je pense qu'il est temps d'aller faire de la musique.
Écrire ou faire de la musique? Faire de la musique ou écrire? Si je ne fais pas de musique je me sentirai un peu coupable parce que ce soir est soir de chorale. Si je n'écris pas je me sentirai un peu coupable car je ne donnerai pas vie à ce blog.
Il me reste 80 minutes. Du temps, pas mal de temps. Écrire n'est pas trop long si je ne tente pas d'être excessivement perfectionniste ou encore la blogueuse la plus originale de l'univers.
Malheureusement je lis beaucoup de blogs à commencer par celui de ma fille: Tous les chemins mènent ailleurs mamathilde.blogspot.com , non ,je ne sais pas encore créer des liens. Je me suis donné une seule règle celle de ne lire que des textes bien écrits. Alors imaginez la pression sur mes petites épaules, je ne voudrais pas avoir à me supprimer moi-même de ma liste, me "flusher" pour manque d'originalité. Y-t-il un certain plaisir à pratiquer cette activité?
En tout cas je n'ai pas encore donné mon adresse à quiconque. Bien trop peur. Me faire d'abord mon idée sur mon moi-même et ensuite peut-être sera-t-il temps de rendre ma démarche publique.
D'un autre côté si j'ai créé ce blog c'est pour cesser d'être ma seule interlocutrice.
Dilemme, je pense qu'il est temps d'aller faire de la musique.
dimanche 10 février 2008
Dimanche
Depuis aussi loin que je me le rappelle j'ai trouvé les dimanches ennuyants.
Petite, il fallait aller à la messe, rester belle et propre toute la journée, ce qui limitait beaucoup les activités. Plate, je trouvais la journée plate. Les dimanches étaient jours de famille, les amies partaient voir des parents ou recevaient de la "visite". Nous étions 7 enfants, peu de gens voulaient voir débarquer notre smala pour des repas du dimanche. Il y avait bien la visite de ma grand-mère mais ça demeurait un peu ennuyeux. Rien pour me faire dépenser mon trop plein d'énergie en tout cas. Évidemment, j'avais des compagnons de jeu à la maison, ce n'est pas comme si j'avais été enfant unique, mais un je ne sais quoi rendait la journée interminable.
Jeune adolescente le dimanche était jour de rattrapage. Rattraper le sommeil perdu, les devoirs. La fatigue, je ne connaissais pas vraiment. Alors, là encore les dimanches après-midis s'étiraient. J'avais pris l'habitude de partager mes dimanches avec une amie, affligée d'une famille de 6 enfants. Elle soupait à la maison 1 dimanche sur deux et je l'accompagnais chez elle les deux autres dimanches du mois. Bonne façon de me dégager de ce spleen qui persistait. Et puis il y eut tous ces dimanches de la fin de mon adolescence je travaillais au défunt Eaton les jeudis soirs vendredis soirs et samedis tout en terminant mes études. Je n'étais pas la plus studieuse ni donc la première de la classe. Alors il va s'en dire que les travaux ne prenaient qu'un temps limité de ces foutus dimanches. Je tentais bien d'occuper mes après-midis en sortant avec des amis, ces sorties demeuraient ennuyeuses. Qu'aurait-il fallu que je fasse pour perdre cette impression "de faire du temps" pour ne pas me retrouver avec mon mal-être?
Les dimanches dont je me souviens avec le plus de plaisir sont mes dimanches en famille. Jeunes adultes, nous nous retrouvions à la grande table chez mes parents avec nos conjoints et les petits qui s'ajoutaient année après année. Mes parents étaient très accueillants si bien que mes amis et ceux de mon frère aîné venaient passer un bout d'après-midi avec nous. Les enfants s'amusaient avec leurs cousins cousines et tout le monde était content. Bien remplis ces dimanches qui se terminaient chez mes beaux-parents, trop bien remplis.
La mort prématurée de mon père, a mis fin abruptement à mes beaux dimanches.
Peu de souvenirs des dimanches de la femme-mère-de-4-enfants-travailleuse autonome. La vie passait tellement rapidement, j'ai dû profiter moi aussi de ces dimanches pour souffler, me reposer et ne rien faire (hum, hum) avec plaisir. Les petits ont grandi, vinrent les dimanches à la campagne trop courts je l'avoue puisqu'il fallait quitter ce havre et recommencer la course folle. Le mal-aise s'insinuait de nouveau en moi et rongeait mon plaisir.
Arriva un dimanche ou j'ai décidé de mettre fin à ce mariage qui me pesait de plus en plus. Divorcer, abandonner le connu, la maison à la campagne, la maison à la ville qui avait vu naître et grandir non seulement mes enfants mais la femme que j'étais devenue. Trop grand le désarroi, impossible de ne pas tenter quelque chose afin d'y échapper. Mais il ne fut pas le pire. Il y eut ce dimanche ou j'ai décidé de tout quitter et de dire adieu à la vie, le désespoir s'était emparé de moi et me triturait l'âme, je voulais en finir, ne plus jamais devoir envisager une autre journée, une autre semaine, un autre dimanche.
Plusieurs, années, plusieurs hivers et moulte dimanches depuis ce jour. Longue, longue convalescence. Guérison. Le mal-être des dimanches perdure sauf les jours ou mes enfants viennent s'assoir à ma table pour partager le repas du soir. La vie étant ce qu'elle est, ils sont encore nombreux les tristes dimanches.
Ce n'est pas par hasard que j'envoie ces premières lignes un dimanche. Allez, elle ne m'aura plus cette trop longue journée, elle me servira désormais à cet exercice d'écriture trop longtemps mis de côté, manque de temps que voulez-vous!
Petite, il fallait aller à la messe, rester belle et propre toute la journée, ce qui limitait beaucoup les activités. Plate, je trouvais la journée plate. Les dimanches étaient jours de famille, les amies partaient voir des parents ou recevaient de la "visite". Nous étions 7 enfants, peu de gens voulaient voir débarquer notre smala pour des repas du dimanche. Il y avait bien la visite de ma grand-mère mais ça demeurait un peu ennuyeux. Rien pour me faire dépenser mon trop plein d'énergie en tout cas. Évidemment, j'avais des compagnons de jeu à la maison, ce n'est pas comme si j'avais été enfant unique, mais un je ne sais quoi rendait la journée interminable.
Jeune adolescente le dimanche était jour de rattrapage. Rattraper le sommeil perdu, les devoirs. La fatigue, je ne connaissais pas vraiment. Alors, là encore les dimanches après-midis s'étiraient. J'avais pris l'habitude de partager mes dimanches avec une amie, affligée d'une famille de 6 enfants. Elle soupait à la maison 1 dimanche sur deux et je l'accompagnais chez elle les deux autres dimanches du mois. Bonne façon de me dégager de ce spleen qui persistait. Et puis il y eut tous ces dimanches de la fin de mon adolescence je travaillais au défunt Eaton les jeudis soirs vendredis soirs et samedis tout en terminant mes études. Je n'étais pas la plus studieuse ni donc la première de la classe. Alors il va s'en dire que les travaux ne prenaient qu'un temps limité de ces foutus dimanches. Je tentais bien d'occuper mes après-midis en sortant avec des amis, ces sorties demeuraient ennuyeuses. Qu'aurait-il fallu que je fasse pour perdre cette impression "de faire du temps" pour ne pas me retrouver avec mon mal-être?
Les dimanches dont je me souviens avec le plus de plaisir sont mes dimanches en famille. Jeunes adultes, nous nous retrouvions à la grande table chez mes parents avec nos conjoints et les petits qui s'ajoutaient année après année. Mes parents étaient très accueillants si bien que mes amis et ceux de mon frère aîné venaient passer un bout d'après-midi avec nous. Les enfants s'amusaient avec leurs cousins cousines et tout le monde était content. Bien remplis ces dimanches qui se terminaient chez mes beaux-parents, trop bien remplis.
La mort prématurée de mon père, a mis fin abruptement à mes beaux dimanches.
Peu de souvenirs des dimanches de la femme-mère-de-4-enfants-travailleuse autonome. La vie passait tellement rapidement, j'ai dû profiter moi aussi de ces dimanches pour souffler, me reposer et ne rien faire (hum, hum) avec plaisir. Les petits ont grandi, vinrent les dimanches à la campagne trop courts je l'avoue puisqu'il fallait quitter ce havre et recommencer la course folle. Le mal-aise s'insinuait de nouveau en moi et rongeait mon plaisir.
Arriva un dimanche ou j'ai décidé de mettre fin à ce mariage qui me pesait de plus en plus. Divorcer, abandonner le connu, la maison à la campagne, la maison à la ville qui avait vu naître et grandir non seulement mes enfants mais la femme que j'étais devenue. Trop grand le désarroi, impossible de ne pas tenter quelque chose afin d'y échapper. Mais il ne fut pas le pire. Il y eut ce dimanche ou j'ai décidé de tout quitter et de dire adieu à la vie, le désespoir s'était emparé de moi et me triturait l'âme, je voulais en finir, ne plus jamais devoir envisager une autre journée, une autre semaine, un autre dimanche.
Plusieurs, années, plusieurs hivers et moulte dimanches depuis ce jour. Longue, longue convalescence. Guérison. Le mal-être des dimanches perdure sauf les jours ou mes enfants viennent s'assoir à ma table pour partager le repas du soir. La vie étant ce qu'elle est, ils sont encore nombreux les tristes dimanches.
Ce n'est pas par hasard que j'envoie ces premières lignes un dimanche. Allez, elle ne m'aura plus cette trop longue journée, elle me servira désormais à cet exercice d'écriture trop longtemps mis de côté, manque de temps que voulez-vous!
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